juin 28th, 2010
Un baiser sur la nuque me rappelle à l’ordre. Sur le chemin, j’ai oublié de téléphoner, tête en l’air. Je ne sais pas dupliquer, toute à la fête, pas terre à terre.
Ce n’est pas grand-chose que de tout vouloir, seuls ceux qui ont le cœur en rage y prétendent avant que ne vienne la grande fatigue. Naître à soi-même par un autre. Il fallait bien tout ce miel pour adoucir les tourments.
Je suis coupable de craindre que le feu s’éteigne, qu’une main ferme tes paupières. Assoupie par terre, mon ronron veillera sur ton petit sommeil tandis que le tien maintient ma vigilance en alerte. Rèche et brutal tu te fais appel à la douceur.
juin 4th, 2010
Pour la première fois je rentre dans son appartement. Une odeur me prend le nez, remonte au fond de ma gorge et me lève un peu le cœur. Je défie quiconque d’en déterminer la composition exacte bien que l’odeur de pisse domine dans cette pièce qui tient lieu de séjour, pièce à dépérir plutôt qu’à vivre. Son bras au creux de mes reins me guide vers un perchoir. Nos pas croisent une sorte de boîte, pour empester la pisse de chat à ce point, il faut soit des chats, soit une litière millésimée 2008.
Il propose un café, soit disant un bon, je préfère décliner. « Plutôt un coca « , faîtes qu’il soit en canette que je ne sois pas obligée de boire dans un de ces verres qui traînent sur le rebord de l’évier ». Il ouvre le frigo « je ne sais pas si j’ai du coca » … Oh fumet suspend ton vol … Quelle petite veinarde je fais, je dois être en présence du frigo de ce qu’on appelle l’amateur de fromage. De l’époisse, du camembert en passant par le bleu d’auvergne c’est toute la France qui doit fermenter dans ce frigidaire-là. Je me dresse par curiosité, déception, à vue de nez un pauvre Saint félicien ou marcellin finit d’agoniser sur l’étage du milieu. Une chose est sûre, c’est de la vache. « Ah non, j’ai pas de coca, j’ai que du fromage ». Ah bon … Sans déconner. « Depuis que j’ai ouvert le restaurant je ne fais plus de courses, je mange sur la bête. »
Posted in Le nombril du web |
Commentaires fermés
mai 3rd, 2010
Sur la Nationale, je pense encore aux joies du choc frontal qui libère le corps. Ces putains de douleurs dorsales qui me torturent à mort.
Sur la Nationale, je tente le sort en cherchant mes Pall Mall et leur réconfort. J’ai jamais trop le moral quand sans toi je m’endors.
Sur la Nationale, quand je m’endors je conduis vraiment mal et croise encore un camion citerne Total qui se croyait plus fort.
Sur la Nationale, j’ai bien eu tort de vouloir mettre à mal mes pulsions de mort. La vue du constat amiable me donne quelques remords.
avril 19th, 2010
S’il t’arrive d’aimer à en vomir, tu sauras que l’amour et le dégoût ne font pas si mauvais ménage. Si tu n’as jamais connu le dégoût amoureux alors tu es à plaindre car tu dois avoir fait tiens les préceptes modernes sur les affections. Les gourous du bonheur imposé ont parlé : les relations amoureuses doivent impérativement être fondées sur la légèreté, le consentement mutuel, la sérénité, la douceur. Toute émotion négative est bannie de cet amour moderne, aseptisé, nettoyé, transparent. Comme si l’amour pouvait se décliner en clauses contractuelles. Comme si les consentements pouvaient être éclairés. Comme si l’erreur sur la personne était une fiction. Quant à l’erreur sur la substance n’y pensons même pas, comment envisager une seconde que l’on puisse être assez stupide pour prendre une pute pour une pucelle. Et pourtant, on se trompe, souvent soi-même et parfois les autres.
Je ne vomis pas souvent ces affections là, physiologiquement je garde tout. Sentimentale et nostalgique je revisite le passé plutôt que d’imaginer un présent qui m’échappe. De toute façon, on voyage mal le cœur gros. Je suis là, animal avec ses spasmes qui lui font monter les larmes aux yeux. Il me tend un mouchoir, blanc, non sans avoir immortalisé mes yeux brillants sous l’effet des larmes. « Fais-moi les grands yeux.» Il n’y a pas plus grands yeux que ceux des attristés.
avril 8th, 2010
Pour surmonter un dégoût passager je peux me raconter une histoire, de préférence déjà entendue, familière. De ces histoires-là on fait souvent des livres, parfois même des adaptations en cinémascope. Il n’y a pas de mal à s’identifier à la « girl next door », la MILF, la cougar si cela apporte un peu de réconfort, de divertissement. Etre le cliché de soi-même n’est-il pas devenu une nouvelle façon d’exister ?
Mais, il convient de prendre garde à la ligne rouge au-delà de laquelle il est facile de penser que les chansons d’amour racontent un peu mon histoire. Pour rire, les paroles des chansons populaires feraient bien des préceptes. Là, ça irait vraiment mal car ces paroles trouvées au hasard des rimes deviendraient l’incipit d’une nouvelle tranche de vie, d’un nouveau coup de cœur. Il parait qu’il est dangereux de se regarder vivre car alors on invente sa vie. « Se mettre à distance pour ne pas éprouver, par peur de s’éprouver ; préférer les mots aux maux » : ça ne fait que de jolies phrases de mettre sa vie en musique ?
Dans ces cas-là, il vaut mieux aller dans l’endroit où je me sens mieux, pas forcément bien mais pour le moins mieux. Cinq années de divan aident à prendre du recul sur ses dégoûts passagers. Aimer le jeu oui ; être un jouet non. Qui veut faire une partie de dames ?