mars 8th, 2010

Son corps a été retrouvé lundi en début de soirée après que ses associés l’aient appelé à maintes reprises, fixe et 06. L’amusement du matin laissa place à l’inquiétude après le déjeuner. Par indépendance il ne donnait aucune justification sur son emploi du temps mais prenait toujours soin de prévenir de ses retards ou imprévus. De fait, aucun des associés ne connaissait réellement les noms et la nature des relations qu’il entretenait. Tout au plus savaient-ils que quelques liaisons lui procuraient quelques escapades dans son quotidien d’homme plus occupé à en découdre avec la vie qu’avec la gente masculine.

Avant la mise en bière, une veillée funéraire fut décrétée par sa mère de façon à ce que ses intimes viennent se recueillir sur sa dépouille. De toute façon, il fallait bien ménager deux jours pour que cette famille d’expatriés prenne ses dispositions. Bien que n’étant pas un intime au sens strict, je fus mis en présence de son cadavre lors de ce rituel funéraire. Un ami que je nous savais commun m’informa de son décès le mardi. Je pris connaissance de son message en sortant d’un meeting, l’horreur.

Il en va souvent ainsi ; des amis appellent pour annoncer le décès d’un des membres du cercle, sauf que dans le cas présent il s’agissait d’une vague connaissance. Aussi, j’hésitais à le rappeler, comment savait-il que nous étions liés ? Surtout, je n’aimais pas que cet oiseau de mauvaises augures en sache plus que moi sur lui. Je n’aimais pas sa façon de me contacter pour me signifier qu’il savait alors que moi, j’ignorais. Mais si je voulais le voir une dernière fois comme on dit, il me fallait quémander de l’information. Voulais-je réellement voir ce corps inanimé, je ne savais pas. Au final, ma curiosité l’emporta sur ma jalousie.

« Allo, c’est Sacha. Non, moi non plus ça ne va. Il est mort mais de quoi ? C’est étrange, aucune trace. Rupture d’anévrisme, quarante-cinq ans, c’est quand même con. Et pour l’enterrement, ça se passe comment. Veillée funéraire, ça se fait encore ? Ah bon ? Non je ne savais pas vraiment, il m’en avait vaguement parlé. Moi aussi j’y serai ; alors à jeudi. »

Voilà comment un appel téléphonique imposa son choix, voilà comment je me retrouvais sur l’autoroute A10 en direction du sud ce mercredi. A deux reprises je voulus faire demi-tour, qu’allais-je faire dans cet endroit ? Pourquoi me recueillir sur la dépouille d’un homme que je connaissais que du bout des doigts et qui m’échappait encore ? Qui étais-je pour m’introduire dans sa mort ? J’avais peur de réaliser qu’au fond je n’étais rien, je crois que j’aurais préféré rester dans l’illusion d’être quelqu’un. Mais ce maudit appel me tarabustait. Ce crétin savait plus de choses sur lui que moi alors qu’il n’était qu’un « ami », et quel ami : « Bonjour, Oliver Gramont, un ami du défunt, toutes mes condoléances Madame ».

Olivier Gramont tu n’es qu’un gros con et ta morve ne suffit pas à cacher le fait qu’il t’avait refusé tes avances pour préférer mes bras. La préciosité de parisien rive gauche avec laquelle tu m’indiquas l’adresse de sa maison de famille m’hérissât le poil. Et dire que j’aurais pu t’envoyer des photos de cette maison. Tu as peut-être connaissance de l’adresse mais moi je la connais cette maison et son parc arboré. Je peux même t’indiquer dans quel cèdre il s’était esquinté sa hanche gauche de gamin intrépide, je peux même te décrire la forme de la cicatrice qui orne encore cette hanche morte. Ce bassin brutal qui ne fera plus jamais de vagues collé contre mon corps. Je pleurs et manque de louper la sortie vers la national. C’est moche la Touraine, c’est con un homme qui renifle.

Je tourne et vire une demi-heure dans cette ville de moins de trois mille cinq cents habitants à la recherche de cette maison. Je me demande si le terme « ville » est approprié lorsque l’agglomération compte moins de trois mille cinq cents habitants ?

Peu importe, vu la tête qu’arbore le local de l’étape, je suis dans le village des têtes de veau qui passent leur journée à regarder passer les voitures au carrefour, les plus équipés assis sur des fauteuils de camping, les plus pathétiques adossés au mur, mégot au bec. Leur façon de suivre mes allers-retours me gêne, par dépit je m’arrête à la hauteur d’un troupeau. « Je cherche la maison de Madame Rheims, vous savez où elle habite ? » Après un examen plus abruti que consciencieux de mon visage, de ma voiture et de sa plaque d’immatriculation le troupeau lance « Vous venez pour l’enterrement du petit Rheims. Fi de toutoune, c’est que ça fait de l’animation. Au bout de l’impasse. Ce tantô, j’ai vu deux étrangers. A droite et à gauche. Prout … C’est quoi vos pneus ? ».

Je remercie histoire de rester poli et je déguerpis avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’envie ne me prenne d’abréger les souffrances des veaux. Dans l’habitacle, je ne peux refreiner un doigt d’honneur dans le rétroviseur à l’attention du troupeau qui ne peut bien sur pas le distinguer, les veaux ont la vue basse. Comment pouvait-il apprécier ces gens. Qu’est-ce qu’elle m’avait dit la vieille, droite et gauche.

Ma voiture s’arrête net, capot face à un goulet d’étranglement. Une impasse étroite dont le fond s’ouvre sur un portail et sur mon appréhension. Lentement je pénètre sur le chemin de gravillons rouges, comme une cicatrice au milieu de l’herbe. Voiture bleue sur le rouge au milieu du vert sous un ciel gris, qu’est-ce qu’on peut être cliché lorsque la tristesse se mêle de peur. Au loin une maison, grande mais commune. La cicatrice de gravillons rouges semble en faire le tour. Sur le côté, cinq voitures garées en rang d’oignons. J’ai bien envie de faire le tour de la cicatrice rouge et de m’enfuir. Roulant au pas, j’absorbe tous les détails qu’il m’est permis d’absorber. Voualnt une chose, faisant le contraire, un de mes grands classiques.

Je coupe le moteur. Garée entre deux berlines allemandes de couleur sombre, ma citadine fait penser à une pastille pop. Est-cela mon sort, une pastille pop ? De l’acidulé dans sa vie de rigueur.

mars 1st, 2010

On fait la vie
On fait la vie
On fait la vie comme on baiserait
Qui nous condamnerait ?

Prendre le chemin vicinal, … fatigue
L’autoroute plus pratique, … ennui
Des roses ou des œillets, …routine
Trop de certitudes à claquer.

On fait la vie
On fait la vie
On fait la vie sucré-salé
Qui a les yeux cernés ?

J’aimerais que tu me saches en proie aux torrents, torrents de larmes qui me montent quand vient l’abandon des poupées de chiffon. J’aimerais que tu me saches en proie aux tourments.

On fait la vie
On fait la vie
On fait la vie comme on baiserait
Qui nous condamnerait ?

Tant de lunes à te décrocher,… effort !
Toutes mes lunes à empaler, … plus fort !
Etoile ou soleil, ta voie lactée, … encore !
Coule dans mes intimités.

On fait la vie
On fait la vie
On fait la vie sucré-salé
Qui a les yeux cernés ?

février 11th, 2010

Cet hiver n’en finit pas, c’est même un hiver blanc. La neige tombe, le vent devient blizzard. Néoplaisir propose de faire monter la température en organisant un concours de récits érotiques auquel je participe.

Un petit teasing de ma participation

“Sur un The girl from Ipanéma, la petite salope met tout son soul dans une gorge profonde lente qui la fait saliver à mort. D’une main, il retire sa bite de l’étreinte buccale. La cale contre le tronc, une jambe à son coude, il la baise robuste jusqu’à ce des « oh la la » se perdre dans le plafond d’aiguilles”. L’intégrale est ici

Aprésent, je laisse la parole à la délicieuse Gallïane.

“A l’occasion de la Saint Valentin, Neoplaisir, le créateur d’émotion, organise un concours de récits érotiques sur le thème de la Passion :

“Racontez votre plus folle nuit d’amour, qu’elle soit torride ou insolite, pourvu qu’elle dépeigne avec sensualité et érotisme la passion qui vous anime !”

Le concours se déroule du 25 janvier au 14 février, il suffit d’envoyer son récit à l’adresse suivante : redaction@neoplaisir.com

Les contributions seront publiées sur le site Neoplaisir dans la partie « récits érotiques » durant toute la durée du concours et les gagnants remporteront des chèques cadeaux valables sur tout le site.

1er prix : 1 chèque cadeau d’un montant de 100 euros
2ème prix : 1 chèque cadeau d’une valeur de 75 euros
3ème prix : 1 chèque cadeau de 50 euros

Ces chèques sont valables uniquement sur le site Neoplaisir et seront accompagnés de cadeaux divers, offerts par la boutique.
Chaque participant au concours recevra également un bon de réduction de 5 euros.

Un jury composé de Manu, La Peste, Mry et Pingoo détermineront, parmi tous les récits, ceux qui auront le plus fait vibrer leur passion.”

Petit lecteur dépèche-toi car le plaisir n’attend pas.

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février 9th, 2010

Les rendez-vous calendriers ont tendance à me faire chier.
Le bisou de 7h20, le petit coup après le bain.
Toutes ces habitudes qui font craindre la lassitude.
Contre cela je sors l’arme fatale, ce soir je vais me faire un mâle.

Je suis une garce, une petite salope, une nymphomane, je suis garce, oui une garce.

Pour la saint Valentin je lui promets un petit câlin.
Si jamais j’ai un plan A, je lui offrirai des chocolats.
Pour ménager la sensibilité des minettes écervelées
Je leurs sors mon arme de tueur, moi je suis un séducteur.

Je suis un connard, un charmeur, un briseur de cœur, je suis un connard, oui un connard.

Le matin je l’appelle, m’enquiers de son sommeil.
A midi je l’interroge sur le menu de la cantoche.
Avant qu’elle ne s’endorme, je lui envoie un petit béco.
C’est pas ma fille mais c’est tout comme sauf que je lui ferai des mômes.

Je suis un chic type, un sentimental, avec des principes, je suis un chic type, oui un chic type.

Eux mars et moi vénus, je ne lève jamais l’anus.
Pour cela j’ai tout appris de la presse féminine.
Je fais toujours la gueule avec le plus doux sourire.
Faire preuve d’abnégation vaut mieux que la communication.

Je suis une midinette, une romantique amoureuse de ses rêves, une midinette, oui midinette.

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janvier 26th, 2010

La blessure des mots, la cicatrice d’une larme, les je t’aime dans les sanglots,
Souvent on dit des choses de l’égo sans se douter des tourments.

Les blessures de l’égo, la cicatrice d’une faille, les je t’aime dans les courroux,
Souvent on dit des choses du cœur dans se douter des tourments.

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