L’ORTF avait Léon Zitrone, TF1 Stéphane Bern, la blogosphère a Mry. Mais depuis hier, se pose une question fondamentale : où est passé notre chroniqueur nécrologique de la blogo?

Step by step, menons l’enquête :
1- Si peu qu’il y ait un homme du monde des lettres, des arts, ou de l’édition qui décède, et PAF, Mry rapplique ventre à terre. Il faut avouer que le Père Ubu relève le niveau entre Julien Gracq, Christian Bourgois et Henry Salvador. On est bien loin des mariages meringuesques et autres reportages niaiseux façon Saga.
2- Mais depuis hier, silence, pas une allusion sur le décès d’Alain Robbe-Grillet et Alain Ayache pourtant blogueur de son état.. 3- Sale semaine pour les Alains.Conclusion de l’enquête :1- Oui Mry, blogueur nécrologique n’a surement pas émis son dernier instant nécroligique comme d’autres leur dernier soupir.2- Non, Mry est un blogueur influent qui inspire, mais quoi donc? C’est la gageure de vous faire lever les yeux au ciel et sourire en même temps. Pas étonnant que ce type ait la pataphysique comme sac à dos.3- Peut-on se moquer de tous? Oui, et en premier lieu de soi-même, en gardant un soupçon de bienveillance.Peut-on rire de tout, même de la mort? Je laisse la place à feu Pierre Desproges qui est le mieux placé pour savoir si l’on peut rire de la mort :
S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup, ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé et, le militant de base, le pompeux PDG, la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, nous sommes fauchés, un jour, par le croche-pied de la mort imbécile et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot. Alors, qu’elle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide ? Poil aux rides ?