Ouverture de la chasse à la bécasse
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient d’adresser de chaleureux remerciements à la presse en général, et à CB News en particulier, pour les perles des blogueurs sur ce qui semble être la question substantielle en matière de blog depuis un an : l’ARGENT.
C’est toujours un ravissement de lire les interventions de nos amis blogueurs et blogueuses influents sur cette question tant on aurait pu penser avoir toucher le fond, mais cela aurait été les sous-estimer tant la vacuité des arguments posés par les plus stupides n’a d’égale que la suffisance des arguties des moins cons.
Inutile de tergiverser, cet article a choisi le terrain de la facilité avec notamment les arguments usés jusqu’à la corde et utilisés dans les caricatures, c’est tout dire : “les obscurs blogueurs anonymes qui critiquent les blogueurs influents qui font de l’argent avec leur(s) blog(s) sont des jaloux aigris”, ou encore “les blogueurs influents qui font de l’argent avec leur blog sont des putes”.
Pas d’alternative possible, le blogueur obscur ne fait pas de pub par manque d’audience tandis que le blogueur populaire n’aurait d’autre alternative que de se faire acheter. Ce qui revient quand même à nier toute liberté dans le choix mettre ou non des bannières publicitaires sur le blog, d’écrire ou non des billets sponsorisés, alors que cette décision est un choix dépendant des aspirations de chacun, aspirations plus ou moins partagées. Le dossier de chronic’art d’octobre intitulé “les néo-blogueurs vont-ils pourrir l’internet”, s’il paraissait un peu attendu à la première lecture, avait au moins le mérite de dépasser ces clichés, notamment avec l’interview de Maïa Mazaurette.
Revenons à CB News qui rappelle les articles du mois de décembre 2007 sur “les coulisses de Ladies room”. Les blogs et autre web 2.0 seraient-ils les sujets à exploiter pendant la trêve des confiseurs et ponts de novembre, quand l’actualité est à bout de souffle et les ressources journalistiques en vacances ?
Pourquoi extraire des citations maladroites des uns, les théories fumeuses des autres et les stratégies des troisièmes si ce n’est pour ne pas poser une question un tant soit peu inédite ?
A quoi bon faire appel à un avocat (aux barreaux de Paris et Bruxelles) censé poser l’état du droit en matière de publicité qui omet la Directive européenne du 10 septembre 1984 relative à la publicité mensongère ?
Tu vas me dire “c’est facile de se moquer !” sur un air des Wampas.
Je te répondrai : “simple et funky, simple et funky, simple et funky l’esprit critique” sur un air d’Alliance Ethnik.
Si l’on prend la définition donnée par l’article 2 de la directive du 10 septembre 1984
- la publicité est “toute forme de communication faite dans le cadre d’une activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale dans le but de promouvoir la fourniture de biens ou services, y compris les biens immeubles, les droits et les obligations”
une bannière publicitaire, un partenariat, les outils de référencement peuvent être qualifiés de communication commerciale.
Si tel serait le cas, les contenus devraient répondre
- aux exigences de transparence et loyauté dans le but de ne pas abuser la confiance de lecteurs avertis ou non (article 6 de la Directive)
- aux conditions de ne pas être ni mensongères ni trompeuses (L 121-1 code de la consommation)
Si l’on pousse le raisonnement au bout du bout, on pourrait considérer que tous les blogs utilisant One SEO Pack (pluggins wordpress pour améliorer le référencement google des blogs) devraient mentionner s’il s’agit d’une communication commerciale et pour le compte de quel annonceur ainsi que les conditions des offres ect, ect … Si bien que la norme serait la mention “billet non sponsorisé” en titre car la très large majorité des billets publiés ne sont pas des communications commerciales.
Par pessimisme ou expérience, il est permis de se demander à quand les nouvelles réglementations poussées par divers lobbys et justifiées par certaines dérives mais ayant pour conséquence de limiter la liberté d’expression du plus grand nombre qui n’aura rien demandé à personne ?
