Après avoir lu cet article du clairvoyant Fabrice Epelboin, il me parait clair que les « trips » des blogs de filles sont bien plus intéressants que les tripes des blogs de mecs. Quelle est la recette de la « soupe primitive » des blogs de filles pour quelle soit plus au bec des lecteurs, des commentateurs de blogs et des annonceurs. Qu’est-ce qui lui donne cette saveur nouvelle qui fait que le monde de la presse papier traditionnel préfère s’en faire une alliée. Cette soupe riche et savoureuse serait-elle la planche (à billets) de salut des prochaines années ? Qu’est-ce quelle a de plus la soupe primitive des blogs de filles pour être si attirante ?
Ma réponse a la simplicité des évidences : la soupe primitive des blogs de fille est dans l’air du temps. Il est même possible qu’elles soient un peu en avance sur leur temps en ce que les blogs de filles représentent une des manifestations de l’escapism. L’escapism est cette capacité à s’échapper d’un quotidien, de l’enjoliver pour mieux le supporter, retrouver la joie des cours de récréation en mode virtuel adulescent. Aprés avoir supporté les passages dépressifs à grands renforts d’anxiolitiques et d’antidépressifs, une autre façon de fuir ou survivre s’offre. Fuite en avant pour les uns, re-construction de l’égo pour les autres, une chose est sure, plus le vécu sera frustrant, plus l’épreuve sera difficile à traverser, plus le moyen de s’échapper devra être enivrant. Et quoi de plus enivrant que cet alter-égo qu’est le blog où l’émotion joue à plein.
Actualiser son blog au quotidien c’est donner un repère journalier à son existence. Un rendez-vous avec soi-même fantasmé, une rencontre avec les autres jamais loupée. Vivre oui mais selon la mise en scène et les personnages de la blogueuse. Dans ces conditions, un quotidien inacceptable ou pathétique devient par le coup de baguette magique un environnement de conte de fée : Cendrillon est à la fois fée, souillon, méchante et reine du bal. Face aux solutions d’hier l’escapism des blogs de filles parait beaucoup plus efficace en termes de satisfaction et d’auto-satisfaction. Bien vivre, connaître le bonheur et la jubilation au quotidien en développant un rapport duale : supporter la réel en entretenant un idéal virtuel.
Dans ces conditions plus personne n’est laissé sur le côté, il n’y a pas d’exclus car même une SDF tient un blog. Et le capitalisme reprend un nouveau souffle : qui contredira le système ? Certainement pas celui qui est formaté dans le refuge de son égo idéal et fantasmé. Les blogs de filles sont bien plus percutants en terme d’influence non seulement parce qu’ils s’attaquent à la grosse galette des annonceurs dits de presse féminine mais surtout parce qu’ils ont développé le fameux bouche à oreille viral par une approche novatrice bien plus humaine, bien plus émotionnelle. Ce qui déclenche l’influence relève bien plus de l’émotionnel que de la raison et sur ce terrain, les filles ont un coup d’avance.
La soupe primitive des blogs de filles est plus savoureuse, leur trips sont bien plus jubilatoires cela suffira-t-il ? Pour y répondre, demain nous palperons la sangle abdominale des blogs de filles en espérant trouver des carrés de chocolat.
