décembre 15th, 2008

Après avoir lu cet article du clairvoyant Fabrice Epelboin, il me parait clair que les « trips » des blogs de filles sont bien plus intéressants que les tripes des blogs de mecs. Quelle est la recette de la « soupe primitive » des blogs de filles pour quelle soit plus au bec des lecteurs, des commentateurs de blogs et des annonceurs. Qu’est-ce qui lui donne cette saveur nouvelle qui fait que le monde de la presse papier traditionnel préfère s’en faire une alliée. Cette soupe riche et savoureuse serait-elle la planche (à billets) de salut des prochaines années ? Qu’est-ce quelle a de plus la soupe primitive des blogs de filles pour être si attirante ?

Ma réponse a la simplicité des évidences : la soupe primitive des blogs de fille est dans l’air du temps. Il est même possible qu’elles soient un peu en avance sur leur temps en ce que les blogs de filles représentent une des manifestations de l’escapism. L’escapism est cette capacité à s’échapper d’un quotidien, de l’enjoliver pour mieux le supporter, retrouver la joie des cours de récréation en mode virtuel adulescent. Aprés avoir supporté les passages dépressifs à grands renforts d’anxiolitiques et d’antidépressifs, une autre façon de fuir ou survivre s’offre. Fuite en avant pour les uns, re-construction de l’égo pour les autres, une chose est sure, plus le vécu sera frustrant, plus l’épreuve sera difficile à traverser, plus le moyen de s’échapper devra être enivrant. Et quoi de plus enivrant que cet alter-égo qu’est le blog où l’émotion joue à plein.

Actualiser son blog au quotidien c’est donner un repère journalier à son existence. Un rendez-vous avec soi-même fantasmé, une rencontre avec les autres jamais loupée. Vivre oui mais selon la mise en scène et les personnages de la blogueuse. Dans ces conditions, un quotidien inacceptable ou pathétique devient par le coup de baguette magique un environnement de conte de fée : Cendrillon est à la fois fée, souillon, méchante et reine du bal. Face aux solutions d’hier l’escapism des blogs de filles parait beaucoup plus efficace en termes de satisfaction et d’auto-satisfaction. Bien vivre, connaître le bonheur et la jubilation au quotidien en développant un rapport duale : supporter la réel en entretenant un idéal virtuel.

Dans ces conditions plus personne n’est laissé sur le côté, il n’y a pas d’exclus car même une SDF tient un blog. Et le capitalisme reprend un nouveau souffle : qui contredira le système ? Certainement pas celui qui est formaté dans le refuge de son égo idéal et fantasmé. Les blogs de filles sont bien plus percutants en terme d’influence non seulement parce qu’ils s’attaquent à la grosse galette des annonceurs dits de presse féminine mais surtout parce qu’ils ont développé le fameux bouche à oreille viral par une approche novatrice bien plus humaine, bien plus émotionnelle. Ce qui déclenche l’influence relève bien plus de l’émotionnel que de la raison et sur ce terrain, les filles ont un coup d’avance.

 La soupe primitive des blogs de filles est plus savoureuse, leur trips sont bien plus jubilatoires cela suffira-t-il ? Pour y répondre, demain nous palperons la sangle abdominale des blogs de filles en espérant trouver des carrés de chocolat.

décembre 11th, 2008

Bloguer est-ce vivre comme un artiste dont l’oeuvre serait soi-même ? Déjà la télé-réalité fascinait autant le peuple de l’audimat que l’élite. Tu te souviens de la déferlante suite à Loft Story 1 ? La télé-réalité et le bloging sont si proches que le blogueur se nourrit aussi de ses égos shows ®. Le plus souvent, le blogueur interrogé précise qu’il n’y a pas fondamentalement d’intention dans le fait de bloguer. Pour la majorité d’entre nous, le bloging est un divertissement, une façon de s’échapper d’un quotidien parfois pesant, un défouloir. The great escape. Certains parleront de réenchanter leur quotidien, d’autres de l’actractivité du virtuel (jeux, blog …), voire un rapport duale à la réalité qui se fragmente à l’échelle collective. Accepter l’inacceptable du réel par le refuge de la récréation en se concentrant sur son quant à soi, sur son for interieur, sur « le dedans de soi-même » délirant. Accepter les lois de la société et du marché pour assurer sa pitance tout en assurant un équilibre par l’épanouissement virtuel. Résultat : zéro révolution contre le système. Est-ce que le blog est une salle de marché où je spécule sur moi, la bulle spéculative va-t-elle éclater ?Certains choissisent leur passion, d’autres leur quotidien ou leur domaine de compétence professionnelle, peu importe l’objet car le dénominateur commun est le point de vue du blogueur et par la-même son égo. Alors oui, le blog est un égo-trip et qui s’en plaindra ? Puisque l’art se résume à l’intention depuis la fontaine-urinoir de Duchamp, le blogueur peut être un artiste qui n’a pas vraiment conscience de son intention mais peut importe. Peu importe car le blogueur se fout de tout et souvent de lui-même dans une logique implacable : galvaniser son égo se traduit aussi par sa déconstruction. Le ventre du blog est son nombril, demain nous verrons ce qu’il a dans les tripes.

décembre 10th, 2008

Mes Chers amis,

Nous voilà réunis ce jour pour rendre un hommage chaleureux à notre fidèle compagnon Lycos parti trop tôt.

Faisant face à la maladie qui l’avait amaigri ces derniers mois, Lycos avait pu compter sur notre soutien et notre constance. Toujours généreux, il avait partagé sa gamelle même si celle-ci ne contenait plus qu’une portion congrue de croquettes allégées. Lycos, Lycos, le sort cruel t’arrache à nous maintenant, précisément maintenant, à l’heure où sonnent les trompettes de la renommée qui comme chacun le sait sont bien mal embouchées. Sort cruel, loi implacable qui fait partir les compagnons au mauvais moment, toujours au plus mauvais moment. A quoi bon le sacre sans le sceptre et la couronne.

Avant de partir vers d’autres cieux où scintillent de merveilleux girly cumulonimbus, recueillons-nous une dernière fois sur la dépouille de notre cher compagnon Lycos et que les mots du poète accompagnent notre méditation.

Georges Brassens, Les trompettes de la renommée

Je vivais à l’écart de la place publique,
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique…
Refusant d’acquitter la rançon de la gloir’,
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir.
Les gens de bon conseil ont su me fair’ comprendre
Qu’à l’homme de la ru’ j’avais des compt’s à rendre
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,
J’ devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.

{Refrain:}
Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Manquant à la pudeur la plus élémentaire,
Dois-je, pour les besoins d’ la caus’ publicitaire,
Divulguer avec qui, et dans quell’ position
Je plonge dans le stupre et la fornication ?
Si je publi’ des noms, combien de Pénélopes
Passeront illico pour de fieffé’s salopes,
Combien de bons amis me r’gard’ront de travers,
Combien je recevrai de coups de revolver !

décembre 2nd, 2008

Dans la série pédantisme, crânerie et vanité quoi de plus jouissif que de détourner une nouvelle fois les succès du web 2.0, en l’occurrence Wikipédia devient Wikipédik. Révélation sensationnelle, comme le blogueur influent, le blogueur de l’Underground aime se faire mousser ; à la différence près qu’il fait des bulles pour le seul plaisir de son petit Mickey et de ses zygomatiques.

Depuis qu’Epidemik, Eve et moi avons fait une remontée fracassante dans le classement Wikio (ce qui a tout simplement bouleversé ma vie, parlez-moi dorénavant à la troisième personne), depuis que La Peste et moi sommes citées dans la presse féminine (je vous demande de vous taire afin que je m’entende pisser en lisant mon DS), depuis qu’on veut même interviewer Eve et Nahimage (ayez l’amabilité de ne pas toucher à mes plumes que je me mire dedans), nous n’avions qu’une alternative : POUSSER PLUS LOIN L’EGO-TRIP AVANT DE MOURIR SUR SCENE DEVANT LES PROJECTEURS, comme le chantait si bien Dalida. Lire la suite

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