Mes Chers amis,
Nous voilà réunis ce jour pour rendre un hommage chaleureux à notre fidèle compagnon Lycos parti trop tôt.
Faisant face à la maladie qui l’avait amaigri ces derniers mois, Lycos avait pu compter sur notre soutien et notre constance. Toujours généreux, il avait partagé sa gamelle même si celle-ci ne contenait plus qu’une portion congrue de croquettes allégées. Lycos, Lycos, le sort cruel t’arrache à nous maintenant, précisément maintenant, à l’heure où sonnent les trompettes de la renommée qui comme chacun le sait sont bien mal embouchées. Sort cruel, loi implacable qui fait partir les compagnons au mauvais moment, toujours au plus mauvais moment. A quoi bon le sacre sans le sceptre et la couronne.
Avant de partir vers d’autres cieux où scintillent de merveilleux girly cumulonimbus, recueillons-nous une dernière fois sur la dépouille de notre cher compagnon Lycos et que les mots du poète accompagnent notre méditation.
Georges Brassens, Les trompettes de la renommée
Je vivais à l’écart de la place publique,
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique…
Refusant d’acquitter la rançon de la gloir’,
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir.
Les gens de bon conseil ont su me fair’ comprendre
Qu’à l’homme de la ru’ j’avais des compt’s à rendre
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,
J’ devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.
{Refrain:}
Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !
Manquant à la pudeur la plus élémentaire,
Dois-je, pour les besoins d’ la caus’ publicitaire,
Divulguer avec qui, et dans quell’ position
Je plonge dans le stupre et la fornication ?
Si je publi’ des noms, combien de Pénélopes
Passeront illico pour de fieffé’s salopes,
Combien de bons amis me r’gard’ront de travers,
Combien je recevrai de coups de revolver !
