Aujourd’hui, un billet à tiroirs : d’abord l’occasion de me souvenir de ma soirée d’hier et d’y mêler deux anniversaires chers à mon coeur, celui de la première édition des Fleurs du mal et celui de Spike. Ce n’est surement pas un hasard si cette délicieuse femme est née le même jour que l’édition de ce merveilleux receuil. Enfin moi, je ne peux pas y voir un hasard.
Hier au soir, un ami de longue date m’a fait l’agréable surprise de passer à la maison. Charles est le genre d’homme toujours à la ramasse ; il m’appelle à 18 heures pour me dire qu’il ne sait pas où dormir sur Paris, que son « plan dodo » lui a claqué dans les pattes, que les filles sont chiantes, que ça fait 36 heures qu’il est sur le pont, que sa vie est merdique …
Charles, il sait qu’il peut m’appeler 4 fois l’an uniquement pour me dire que les filles sont chiantes. Charles m’a vu grandir, maintenant il me voit vieillir, mais je ne peux pas en dire autant. C’est agaçant à la fin cette façon que le temps a de glisser sur certaines personnes et de s’acharner sur d’autres, lançais-je d’un souffle vengeur. Alors Charles précise qu’il n’y a là qu’illusion, que cette salope d’horloge fait bien son œuvre sur lui.
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! C’est la loi.
Tu parles Charles, je vois bien qu’aucun cheveu blanc ne gâche ton noir de jaix. Toujours les mêmes sillons qui te barrent le front, pas un de plus. Toujours les mêmes soleils autour de tes yeux, pas un de moins. A la question rentres-tu dans ton smoking de mariage, tu réponds il m’est trop grand, salop. Moi je n’aime que ceux qui vieillissent ceux qui savent que :
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or.
Ceux chez qui on devine le contenu de leur jardin intime à leurs traits, ces gueules à demi-cassées où la pudeur empêche de trop exhiber les tourments. Mais Charles n’a pas le loisir de se voir vieillir, ni même de s’interroger sur le phénomène tant il est occupé à survivre. Je le chambre gentiment avec la crise du milieu de vie des quadras.
- Nahimage : C’était où ta sauterie ?
- Charles : Chez Vivolta.
- Nahimage : Y avait qui ?
- Charles : Gildas, Gaccio … allez fais-toi plaisir, dis des vieux.
- Nahimage : La prochaine fois tu iras chez Arpeggio
- Charles : T’es conne …
- Nahimage : Yep, jeune et conne.
Charles, bien qu’ayant la délicieuse habitude de sourire à mes blagues et contrepèteries prépare sa réplique, je le sais à son levé de sourcil droit.
- Charles : As-tu vu le nouvel i-phone jeune et impétueuse parisienne ?
- Nahimage : Noooooooon, fais vois, fais voir ! Il est plus épais, non ? Et plus lourd aussi …
- Charles : Tu délires ma pauvre, ces jeunes n’importe quoi du moment que ça fait de la mousse et des bulles …
- Nahimage : Je te dis que si. Toi qui est si early adopter, tu connais la nouvelle application explose her muff ?
- Charles : Non, c’est quoi ?
- Nahimage : Et bien l’appli lance une photo de fille, tu tapes dessus et tu vois son sexe façon gros plan en cinémascope, tu souffles dessus, la muff gonfle, gonfle et explose.
- Charles : Comment ça s’appelle ?
- Nahimage : Explose her muff.
- Charles : Je ne trouve pas.
- Nahimage : Donne.
Sournoisement, je vais sur Safari, cherche Guess her muff et ….
- Nahimage : Voilà tu cliques et tu souffles ; c’est pas compliqué …
Charles s’exécute, brave petit. Je m’esclaffe.
- Charles : Sa chatte gonfle pas …
- Nahimage T’ain mais ta vraiment cru que c’était une appli, ce que t’es naïf pour ton âge.
- Charles : Bourrique, je te hais. Elle est bizarre sa chatte non ?
De sa fourrure blonde et brune sort un parfum si doux, qu’un soir j’en fus embaumé, pour l’avoir caressé une fois, rien qu’une.