juillet 24th, 2009

Effectivement, il se conforma à sa demande et ne le dit à personne, pas même à lui-même. Non, il fallait que personne ne le sache, c’était trop lourd et vous comme moi savons que lorsque les mots sont trop lourds, les sentiments deviennent parfois encombrants.

Ne le dis à personne lui rappelait ce film de ce réalisateur au physique d’acteur, quelle en était l’histoire ? Elle ne se souvenait plus. Seules les images d’un homme fuyant lui revenaient en mémoire. Fuir, c’était peut-être ce qu’il y avait de mieux à faire. Fuir une fois que l’on a dit ce qu’il ne faut répéter à personne.

Elle venait de vivre le sens de ces mots, pas le sens des dictionnaires, des chansons, des livres mais le sens qu’elle leurs donnait. Jusqu’alors elle avait prononçait cette courte phrase en toute sincérité. A présent, celle-ci venait de prendre une toute autre dimension, la sienne. Dire trois mots cela ne pose pas vraiment de problème et avouons que si parfois l’authenticité fait défaut, mettre un peu de cosmétique dans la vie n’est pas un crime. Se mentir soit, se persuader certes mais là, il n’était plus question de persuasion car la tête avait abdiqué devant le cœur. Il faut bien avouer que depuis peu elle s’y reprenait à deux fois pour arriver à articuler des émotions vives. Elle connaissait son mécanisme d’élocution en deux temps. Lorsqu’elle disait une bêtise, une insanité, son éducation la faisait hoqueter. Il fallut attendre que son coeur batte un peu plus fort pour que le hoquet de l’éducation devienne le hoquet de l’authenticité, et vous vous doutez bien que pour opérer cette étonnante alchimie, l’amour ajouta son grain de sel au souffre.

Les évènements furent simples et se déroulèrent dans cet ordre : au fil des semaines, elle sentait ses poumons se gonflaient de ce sentiment qu’elle taisait. Animal, elle trouva des substituts en forme d’attentions, de gestes, de sourires, de caresses et autres merveilles que se donnent les amants. Il les accueillait tous et tous se trouvaient absorbés par ce buvard d’eaux vives. Assurément il n’avait pas peur, surement un gaillard aguerri aux choses de la vie. Il provoqua la secousse en posant une question pourtant bien féminine « à quoi penses-tu? » Faut-il être un étrange buvard mâle pour poser une telle question à un flacon d’encre femelle. Elle marqua un temps, forcément, tant l’air était bloqué dans sa trachée artère par les morceaux qui y coagulaient à force d’attendre. Elle inspira une nouvelle fois, sentit son souffle bien trop court pour que sa voix porte, s’approcha plus prés de l’oreille et au maximum de sa puissance vocale chuchota « ne le dis à personne … » et encore plus bas « je t’aime ».

Au même instant, un enfant hurla dans la nuit. Son cri de bête couvrit le cri d’amour. Enfant, comment peux-tu faire autant de bruit avec une si petite bouche ? Qu’est-ce qui appelle sur terre de tels hurlements ? Rien ni personne assurément si ce n’est cette vanité de se croire si malheureux, incompris. Les humains ont vraiment cette drôle d’habitude de penser que leur douleur, leur joie, et leur amour revenons-y, sont toujours différentes de celles de leurs congénères. Besoin de singulariser ? Peut-être. Subjectivité ? Allons donc, vous verrez bien si votre mort sera singulière, les circonstances peut-être, mais l’arrêt de votre coeur sera le même que celui de votre voisin. Tout comme vous avez poussé le premier cri vous rendrez le dernier souffle et cela nous le faisons tous de la même façon. Alors, passons donc notre vie à nous croire si singuliers puisque nos vies sont encadrées par une chose universelle, une chose qui nous relie tous, le premier cri, le dernier souffle. Mais ne le dites à personne car ce gosse affreux qui vomit sa douleur demain personne ne s’en souciera, personne ne s’en rappellera.

juillet 16th, 2009

Ty-Gi, tu devrais rentrer à la maison, tu as besoin de repos, tu n’y peux rien, les fourmis resteront les fourmis.
Ty-Gi jette ce bidon d’essence à briquet, l’holocauste des fourmis n’y pourra rien changer.
Bientôt les foins seront coupés pour accueillir les folles virées, les fourmis ignorent la douceur des blés.
Eteins ces allumettes pour te garder en vie, les fourmis resteront les fourmis.
Tu aurais dû savoir que rien n’empêche les fourmis de hurler, tu aurais dû savoir que l’alcool les fait s’agiter.
Garde le feu sacré et ignore les cris des fourmis, reste comme tu es et deviens sourd au cri des fourmis.

juillet 8th, 2009

Hier soir j’ai retrouvé deux amis, un couple d’amis pour être précise, Véronique et Igor. Véronique est l’amie de lycée de mon frère, ils ont passé le bac ensemble et à l’époque ils étaient mes idoles. Sans blague, j’étais la plus grande fan de leur groupe. Pour rien au monde je n’aurais loupé une de leurs répétitions dans la grange aménagée en garçonnière. Ils étaient gentils avec leur petite mascotte de 8 ans, 10 ans d’écart avec son aîné ça a du bon. Après négociations, menus services et serment de garder le secret sur certaines pratiques, j’ai pu écouter seule les disques dans l’antre de la new wave. La grande aventure commençait pour l’avide « Bouchinou » Taxi Girl, Visage, Joy Division, Depeche Mode, Cure, Frankie Goes To Hollywood, Soft Cell, Marquis de Sade … c’était parti et ne s’arrêterait plus jamais. Les Grands n’avaient pas à faire à une ingrate, je remontais à la maison pour rapporter bouffe et boisson, j’étais Bouchinou la mascotte, Bouchinou l’écouteuse, Bouchinou la mateuse, muette et affamée, je n’en loupais pas une miette.

Alors depuis, sur les draps de mes nuits il y a mille visages, je fais encore des collages pour rendre ma vie moins sage. Parfois même je me passionne pour de simples étrangers. Romantique et bête, je suis à pleurer. Et tandis que Jean m’enlace avec les bras de Charles, Franck me roule des pelles façon Farid, moi je vis à l’envers, je marche de travers, sensationnaliste, romantique. Et tandis que Jean me lasse avec les vannes de Charles, Francky me roule dans la Farid, moi je vis à l’envers, je comprends tout de travers, sensationnaliste, romantique.

Nous nous sommes donnés rendez-vous à la Cantine russe. Au milieu du repas Igor à sorti un paquet de cigarettes russes. Je n’ai pas résisté à l’appel âcre de la Cosmos si proche des premières Marlboro chapardées.

Avec Igor, nous passons une bonne partie d’après-midi entre les Shashki, sorte de jeu de dames, et le sacro saint Baggamon. Faut croire qu’une certaine connivence se noue entre joueurs. On aborde des sujets que l’on n’évoquerait pas avec tout un chacun, souvent pour déconcentrer l’adversaire mais aussi par certitude que le sceau du secret lie les joueurs dilettantes, car il arrive à Igor de s’absenter pendant nos parties que je continue seule et gagne forcément. Il y a deux ans, Igor a beaucoup perdu. Ce n’est pas sans une certaine idée derrière la tête que je lance un « et toi, avec qui joues-tu au Shashki en ce moment ? ». Igor m’annonce qu’il ne joue plus au Shashki et que désormais il n’aura plus besoin d’alibi. Promesse de buveur de vodka, tant qu’il y aura des Shashki, il y aura Igor. Non, Igor en a marre des Shashki, c’est fini les conneries, depuis Côme. Conne, quelle conne ? Pas conne, Côme, accent russe de merde. Mais non, je l’aime ton accent Igor et Côme me fait rêver. Igor avait voulu pour elle une romance, une romance à Côme.

Il l’emmena en week-end prolongé, une sorte d’échappée belle, d’escapade comme dans les chansons romantiques avec des baisers et des moments de bonheur pour de faux. Pour vivre du vrai rêve en toc. Il ne pouvait rien arriver de désagréable puisque c’était la vie rêvée des clandestins avec des moulures de stuc néo-classiques. A Côme on ne mange pas on se restaure, nuance. On ne badine pas avec la triche à Côme. Longer les rues blanches, traverser cette place écrasée de lumière qui n’a plus de perspective et devient juste un halo de lumière, aveuglante.

Après le battage assourdissant de la capitale, l’aveuglement de Lestan. Les pavés sont bien plus drôles à slalomer comme sur une piste noire perchée sur des talons. Sur cette piste démentielle aux embuches multiples Igor lui offre son bras sans réfléchir elle s’appuie, elle était première étoile, il était chamois. Ils ne se demandaient rien, n’appelaient jamais demain au secours d’aujourd’hui, les tourments seront bien là demain, plus tard. Ils tenaient l’un à l’autre, alors les histoires de couple c’était pour les autres, ceux qui ont peur. Lâcher le mot amour, peut-être et encore qu’avec colère. Après tout, les autres savent-ils ce que c’est ? Pourtant ils en ont plein la bouche et encore plus le cul. Oui, les autres en ont plein le cul de leurs amours, de leurs unions, mieux vaut la déraison. Les tourments de l’amour c’est quand on perd l’être aimé, quand il manque. Quand on est là, à disposition que seuls les mots oui et OK sont lâchés est-ce l’amour ? Pas toujours, mais ça y ressemble. Vivre le bonheur mais celui d’aujourd’hui. Never mind celui de demain, demain sucks. Le bonheur se barre toujours à un moment ou l’autre alors vaut mieux en profiter.

Et ils en ont profité. Faut jamais bouder les attentions féminines, si lâches soient-elles; si intéressées soient-elles. De toute façon Igor n’en savait rien, ses paupières lourdes le protégaient des visions crues tandis qu’elle cachait son cynisme derrière ses iris marines. Il aurait aimé qu’elle parle un peu plus, qu’elle s’abandonne. Sur elle, il avait joué ses tours les plus usés, ceux dont il était sur qu’ils faisaient tilt à chaque fois. Caresses douces, tendres et longues, pénétration fougueuse profonde et agrippée … mais on ne brise pas un marbre même avec le meilleur des burins. Il ne peut que suivre les nervures, celles faites par le coeur des autres. C’était cela Mirette, un marbre qui réagit qu’au coeur, les verges ne peuvent que suivre péniblement les dessins mais ne laissent aucune nouvelle trace. C’est surement pour cela que Mirette n’avait aucun complexe à être une ingrate. Faire jouir, mais Chéri c’est la chose la plus simple du monde, émouvoir par contre, accroches-toi et pas qu’à mes hanches. Mirette était une junkie de l’amour et elle n’aimait pas Igor. Igor, je ne t’aime pas et je ne t’aimerai jamais.

Bon Igor, c’est pas tout mais on se caille là, viens on va boire un truc et puis je vais te montrer un blog, tu vas voir tu vas adorer.

juillet 7th, 2009

Je me demande combien de nuits entières d’affilée je serai capable de ne pas dormir avant de m’écrouler. Si je baise, c’est simple, j’aurai mon quota de 4 heures de sommeil, ce qui me permettrait de tenir au moins 6 semaines. Après vient la lassitude du corps, ce n’est pas évident de trouver une verge qui maintienne en vie. En réalité, je crois qu’il est impossible de chercher le modèle adéquat et que ça tient à deux ou trois petites choses. Deux ou trois petites choses, ce n’est rien, c’est beaucoup, c’est tout vous. Un, deux trois, tout est bien en place : couilles et verge. Un, deux trois, c’est tout toi : ventre, cœur et âme. Ces trois petites choses qui font que je m’attache à vous.

C’est la danse des verges qui font tourner les têtes et donne les hauts du cœur. Comme un manège méchant, je m’étourdis jusqu’au moment où je réalise que c’est moi qui tourne sur moi-même et que la verge est déjà bien loin. Ca tombe bien, j’aime bien danser en solo. La verge n’étant que le prétexte à un nouveau pas de deux, ultime moment du ballet avant le drame de celui qui part, assurément mon moment préféré. Bien trop fière pour avouer, bien trop triste pour pleurer, le dernier pas me ramène chez moi, seule, enfin. Aimante de l’autre, riche de moi-même, prête à donner encore, à vivre un autre pas de deux. Vivre en multiple, survivre en duo, laisser venir les sourires.

Tu comprends ça toi mon frère d’aventures. Tu crois vraiment que les vieux beaux ne bandent plus comme quand ils avaient 20 ans, tu te trompes. En matière de sexe, de désir, de plaisir rien ne change vraiment. Tu auras beau lire toute la littérature sexo racoleuse du mieux jouir, rien à faire, tu baises à 20 ans comme à 60. Alors rions, « soyons désinvolte, n’ayons l’air de rien ». Espiègle je te lance un « Ah mon vieux complice » auquel tu réponds un très attendu « Ma bite n’est plus très belle non plus ».

A ma façon d’enquiller les verres et toi les cons nous faisons passer nos vilaines gorgées. Nos douleurs prennent toujours un visage pour cacher son nom, la tienne s’appelle Angoisse, la mienne Tristesse. Aller, on va se coucher, il se fait tôt. La nuit ne nous porte plus conseil, on ne lui en demande pas tant, juste du plaisir.

juillet 1st, 2009

En t’écoutant parler, je me dis que l’amour ce n’est pas fait pour être sérieux.

Je l’ai dans la peau.
ça c’est ballot.

Je crois que je suis cuit.
Cuit cuit-biscuit.

Je suis mordu.
Là, t’es foutu.

Mon coeur l’a choisi.
Ton coeur tout pourri ?

Je suis à elle.
Et la prochaine ….

L’effet qu’elle me fait.
Même bander …

C’est pour la vie.
Ou une nuit.

Je lui offre des fleurs.
Grand seigneur.

Elle me rend dingue.
Car elle dit non.

La nuit j’en rêve.
ça promet.

Je suis amoureux.
N’en fais pas trop..

Elle veut pas de moi..
Sans aucun doute..

Mais là je souffre.
Pas de gérémiades.

Je suis malheureux.
Un autre punch ?

J’ai mal au coeur.
Vomir

Aide-moi.
Calin

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