Je me demande combien de nuits entières d’affilée je serai capable de ne pas dormir avant de m’écrouler. Si je baise, c’est simple, j’aurai mon quota de 4 heures de sommeil, ce qui me permettrait de tenir au moins 6 semaines. Après vient la lassitude du corps, ce n’est pas évident de trouver une verge qui maintienne en vie. En réalité, je crois qu’il est impossible de chercher le modèle adéquat et que ça tient à deux ou trois petites choses. Deux ou trois petites choses, ce n’est rien, c’est beaucoup, c’est tout vous. Un, deux trois, tout est bien en place : couilles et verge. Un, deux trois, c’est tout toi : ventre, cœur et âme. Ces trois petites choses qui font que je m’attache à vous.
C’est la danse des verges qui font tourner les têtes et donne les hauts du cœur. Comme un manège méchant, je m’étourdis jusqu’au moment où je réalise que c’est moi qui tourne sur moi-même et que la verge est déjà bien loin. Ca tombe bien, j’aime bien danser en solo. La verge n’étant que le prétexte à un nouveau pas de deux, ultime moment du ballet avant le drame de celui qui part, assurément mon moment préféré. Bien trop fière pour avouer, bien trop triste pour pleurer, le dernier pas me ramène chez moi, seule, enfin. Aimante de l’autre, riche de moi-même, prête à donner encore, à vivre un autre pas de deux. Vivre en multiple, survivre en duo, laisser venir les sourires.
Tu comprends ça toi mon frère d’aventures. Tu crois vraiment que les vieux beaux ne bandent plus comme quand ils avaient 20 ans, tu te trompes. En matière de sexe, de désir, de plaisir rien ne change vraiment. Tu auras beau lire toute la littérature sexo racoleuse du mieux jouir, rien à faire, tu baises à 20 ans comme à 60. Alors rions, « soyons désinvolte, n’ayons l’air de rien ». Espiègle je te lance un « Ah mon vieux complice » auquel tu réponds un très attendu « Ma bite n’est plus très belle non plus ».
A ma façon d’enquiller les verres et toi les cons nous faisons passer nos vilaines gorgées. Nos douleurs prennent toujours un visage pour cacher son nom, la tienne s’appelle Angoisse, la mienne Tristesse. Aller, on va se coucher, il se fait tôt. La nuit ne nous porte plus conseil, on ne lui en demande pas tant, juste du plaisir.