elle est assise dans le Chesterfield du salon, visiblement absorbée par son livre. si ses pieds reposent sur la table basse, rien dans sa posture n’indique le relâchement, elle garde la nuque raide et le dos droit. assise ou allongée, elle ne fait pas partie de ces personnes qui s’abandonnent, en rien. de loin, je devine le reflet de ses ongles manucurés sur la couverture d’un roman de la rentrée littéraire sûrement encensé par Télérama ou Lire. je me demande quel plaisir elle peut éprouver à repousser inlassablement, semaines après semaines, les petites peaux qui entourent ses ongles. décidément, ce mois de septembre s’annonce sous les pires auspices, 4 semaines et 6 fins de semaines en compagnie féminine. pas que je m’en plaigne, la présence féminine me divertit mais arrive toujours ce fatidique moment où elles sont assommantes par leurs paroles ou leur silence. j’ai fait la bien curieuse découverte que certaines femmes ont le silence soûlant, une sorte de mutisme des plus factices. ne rien dire pour paraître attentive ou profonde alors que la seule vie intérieure qui les anime consiste en l’agitation de leurs ovaires. les femmes seront toujours prises par le temps, le tic tac de leur horloge biologique qui leur fait perdre pied à défaut de la tête qu’elles auront toujours au niveau de l’abdomen, question d’humanité. pendant que la bête s’absorbe dans la lecture de son nouveau roman, je sombre dans mon ennui.
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