Les liaisons sauvages des personnes turbulentes ont tendance à me mettre en joie. Voilà grosso modo ce que je me disais tandis que Faustine me racontait les tours et détours de sa liaison illégitime.

Il semblerait que Faustine et Gabriel se soient rencontrés il y a environ un an mais il est délicat de poser une chronologie tant Faustine raconte son aventure érotique avec hésitation et tact. Lors de cette rencontre, ces deux corps ont été attirés l’un par l’autre. Beaucoup y verraient une attraction désastre car Gabriel est pris dans des liens conjugaux antérieurs alors que Faustine est prise dans ceux de la passion naissante. Attraction désastre, voilà ce que l’on voit quand on s’attache trop aux faits. Attraction vitale, voilà ce que moi je vois qui m’attache aux sens, sensations, sentiments.

Donc Faustine et Gabriel baisent ensemble depuis un an. Ils baisent comme des bêtes sans calendrier et c’est merveilleux. Ils baisent comme des fous sans retenue et c’est réjouissant. Ils connaissent l’extase de la petite mort, ce qui a tendance à me réconcilier avec l’humanité : tant qu’hommes et femmes s’abandonneront aux injonctions de la chair, tout ne sera pas perdu. Ce qui est bien triste, à mon sens, c’est lorsque l’intellect et l’égo veulent régir à eux seuls la liaison parce qu’alors, celle-ci devient une ligne droite. Chacun des deux êtres a une idée bien précise de ce qu’il croit être vrai alors qu’au fond tout est en devenir.

Tout est en devenir dans les liaisons sauvages qui se vivent en pointillés. C’est ce qui en fait le merveilleux car on ne sait jamais ce qui peut arriver. Et l’on n’est pas à l’abri de trouver un sentiment dans cette fougue des corps. Enfin, si on a la chance de s’abandonner à l’autre et donc à soi-même. Les corps s’abandonnent, jouissent. Le flux sanguin et l’influx nerveux relient le cul, le cœur et le cerveau et parfois magie, c’est l’harmonie. Mais cela on ne peut pas le savoir à l’avance, cela se découvre en effet avec le temps. Et cela n’arrive pas avec tout le monde. Il parait qu’il n’y a pas de hasard mais tout de même, dans la rencontre de ces deux êtres là, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a une part d’inexplicable.

Je ne retiens pas que le cul dans la liaison sauvage de Faustine et Gabriel, même si il y tient une place importante. Je n’y vois pas le trio pathétique le mari, la femme et l’autre. Tant que Faustine m’en parlera avec la virulence de son sexe, la fougue de son cœur et l’humour de sa cervelle, je me réjouirai. Tant qu’elle me racontera comment ils se besognent avec tendresse, le désamour ne viendra pas sonner le glas de cette relation illégitime. N’en déplaise aux pisse-froids, il peut y avoir de l’harmonie et de la tendresse dans les liaisons sauvages.

This entry was posted on Jeudi, août 20th, 2009 at 10:27 and is filed under Le nombril du web. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.

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