« J’aime bien ton blog mais je ne comprends pas toujours, en fait c’est peut-être de la merde ». Partant de cette phrase, un billet elliptique sur mon blog elliptique.

I-phone

Ou comment je regrette parfois de me confier à des personnes qui me sont pourtant très chères lors de conversations téléphoniques.

- T’es conne, pourquoi tu ne lui a pas écrit avec ton mail perso ?
- Mais bien sur, « salut, je suis contente que le montage photo t’ait amusé. Au fait, tu te souviens on a baisé il y a 10 ans. » Si je peux m’épargner le syndrome vieille groupie.
- D’après ce que j’ai cru comprendre c’était un peu plus qu’un plan cul. Mais comment veux-tu qu’il fasse le lien avec toi ?
- Justement, il ne le fait pas et c’est très bien comme ça. J’aurais jamais dû te parler de cette histoire, maintenant tu vas me saouler avec ça.
- En fait t’as peur, comme d’habitude.
- Oui, c’est ça, j’ai peur et je t’emmerde.
- On bouffe toujours ensemble ce soir ?
- Ouais.

A-phone

Ou comment je ronchonne toute seule dans mon coin après et peste contre ma façon de faire en deux temps.

Je devrais suivre mon premier instinct, me taire. Qu’est-ce que j’ai été lui raconter cette histoire, mais bâillonnez-moi. C’est toujours pareil, le premier réflexe ne rien dire, rester en retrait, surement par crainte. Et vas savoir pourquoi, je me sens en confiance et me dis que finalement ça n’est pas bien grave. Et blablablablablabla. Et au détour d’une conversation, ça ne manque jamais, ça revient sur la tapis. Et patati et patata et patati et patata.

Περσε-phone

Ou pourquoi il existe des personnes que tu rencontres pour la première fois et avec lesquelles tu n’as pas besoin de faire un exposé circonstancié des faits.

Pourtant il existe des personnes avec lesquelles il n’est pas nécessaire d’être vulgairement explicite. Des conversations pendant lesquelles il n’est nul besoin de barbouiller la toile de fond de couleurs criardes mais parler plutôt de ce qui compte vraiment. Des personnes pour lesquelles les faits ont moins d’importance que les sentiments qui les animent et les émotions qui s’en dégagent. Et si certaines personnes étaient vraies.

Hygia-phone

Ou pourquoi je fais le choix de l’ellipse.

Lorsqu’il s’agit de parler de l’intime, je suis elliptique, laisse deviner plus qu’affirmer car je préfère encore les pointillers aux lignes droites. Peut-être un jour il en sera autrement. Certains terminent leurs phrases de trois petits points, moi je préfère l’ellipse. Mais quoique nous choisissions, n’y voyons pas de mauvaise intentions mais plutôt une pudeur, un choix esthétique, une nature humaine. Je ne dis pas tout parce que ma nature est laide et belle. Je me laisse deviner pour chacun que garde sa liberté de choisir entre ce qu’il y a de beau et de laid.

This entry was posted on Vendredi, août 14th, 2009 at 8:28 and is filed under Le nombril du web. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.

One Response to “Nahi-phone”

Fremen

Allez, vite fait…

Oui, c’est vrai, l’ellipse est une belle figure, comme le silence, qui s’installe entre deux paroles, deux phrases ou deux pensées.
Pas certain qu’il soit important de tout comprendre dans un blog. Ce serait même cette once de mystère, voire d’incompréhension, qui le rendrait captivant.
Par le seul exercice de l’imagination qu’il dispense au lecteur : imaginer derrière les mots, les moments, les mensonges (par omission) un univers étrange et définitivement étincelant.
C’est ce trouble là qui est charmant (au sens féerique s’entend).
Il fait nuit et le vent froid secoue les pointes des balisiers, dans le jardin d’à côté. Bonne nuit.

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