août 11th, 2009

Aveugle du cœur

Lundi 17h30, l’après-midi s’étire sur la ville, avant mercredi le temps tournera à l’orage. Sur ses humeurs, le variable l’emporte aussi sur le beau fixe depuis deux ans. Deux années qu’il préfère en rester là parce que « tu comprends, un couple ne peut survivre au quotidien sans la passion ». Passion mon cul, elle qui sait aimer comme nulle autre. Barbouiller ses déclarations d’amour de tourments n’est-ce pas la plus belle preuve d’amour, non ? Non.

Sourde de l’âme

Dans le bus, elle hésite entre le Elle et un roman à la mode de la rentrée littéraire. A grands renforts de romans faciles, de chansons populaires, de films divertissants, elle réussit à enchanter sa vie ordinaire. A force de luttes, elle arrive à vivre de grandes choses, éprouver de forts sentiments. Finalement, ce sera ce roman édité par une Maison exclusive parce qu’elle-même se sent à part dans ce monde vulgaire. A mesure que les paragraphes s’enchaînent, elle retrouve au plus profond de son âme des émotions éprouvées, des larmes versées, le poids des secrets familiaux, le drame du deuil. Elle corne une page, « cet extrait sera du meilleur effet pour illustrer l’émotion qui m’envahit les soirs de cafard ». Se retrouver dans les livres, n’est-ce pas la preuve d’une personnalité subtile et profonde, non ? Non.

Muette du ventre

Puis vient l’épreuve du RER qu’adoucissent quelques épisodes voyeuristes. L’arrogance des jeunes filles la met toujours mal à l’aise mais moins depuis qu’elle connait les plaisirs de la chair, qu’elle dit et écrit les mots jouir et bite. « Un jour, je prendrai ma vulve en photo et lui enverrai ». Nouvelle assaut dans cette bataille du « je l’aime à mourir ». Poser noir sur blanc les jalons d’une relation sulfureuse, clamer haut et fort le plaisir c’est encore la plus belle façon de s’affranchir de la frigidité, non ? Non.

PS : Chaleureux remerciements à Guillaume pour la clé API d’Askimet.

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