septembre 14th, 2009

Le rythme des pas du père dans l’escalier la fait se dresser. Elle reconnait sa façon de scander des talons l’ascension qui le mène à sa chambre pour l’étreinte du soir. D’instinct elle lâche le livre de la bibliothèque rose qui tombe et rebondit, les Malheurs de Sophie en appellent d’autres. A présent, elle sait qu’elle ne peut se raccrocher à aucune logique calendaire, seul le bruit des pas dans l’escalier la prévient, c’est leur signal, connu d’eux seuls.

Aux glissements des pantoufles sur le parquet répond la montée d’adrénaline. Elle balaie sa chambre du regard et y cherche un refuge qui ne s’y trouve pas. Au tout début, un sursaut d’inconscience l’avait poussée à se cacher sous son lit où la petite idiote s’était recroquevillée. Figée comme l’une de ses poupées Corolle, elle avait bloqué sa respiration pensant se soustraire au monde. Mais on ne se soustrait pas si facilement à l’amour paternel, c’est ce qu’elle comprit en même temps que sa douleur lorsqu’il la débusqua. Agrippant son poignet il susurra un « on aime jouer à cache-cache » et la fit valdinguer sur le lit en un mouvement de fouet. La torsion eut pour résultat de lui déboiter son épaule droite, s’en est à se demander ce qui est le plus fragile chez une gosse de sept ans : l’épaule ou des illusions.

Trop tard pour se cacher, la main gauche sur l’épaule droite elle regarde le loquet de la porte tourner. La porte s’ouvre à demi, il passe la tête dans l’entrebâillement et fixe le lit-cage plus que sa fille. Délicatement et très gentiment il referme la porte et pénètre la chambre pour caresser l’édredon qui boudine au niveau des barreaux. Le ronronnement de la toile de Jouy parvient à ses oreilles et l’extrait de sa rêverie. Dans mouvement fluide et inspiré il lève son bras, tord son buste et d’un swing envoie son poignet sur la mâchoire de la gamine. A l’open de la torgnole, Tiger Woods est dans un grand jour, c’est un Birdie. Sonnée, elle ne peut étouffer une quinte de toux et expulse sur le drap housse blanc une canine dans un crachat de sang. « Maman m’a dit qu’une de tes dents remuait, la petite souris va passer ».

septembre 8th, 2009

Tire-moi sur ma queue de cheval
J’ai envie de voir le ciel du lit
Tire-moi sur la couette  en arrière
Ce soir j’ai envie de rétro verse

Laisse de côté la salsa banale
Colle-serré mouvements petits
Ce soir j’ai mis ma guêpière
Que nos bas ventres soient braise

Agrippe-toi à mes os iliaques
Ce soir je serai enfin punie
Que s’imbriquent nos glissières
Un final comme une fournaise

Ce soir promettait d’être orgiaque
Tu rentres t’as plein de soucis
T’as envie d’une petite bière
Mes érogènes font un malaise

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