J’ai pour habitude de ne pas attendre grand-chose de la vie si ce n’est ce que je lui apporte, car la vie est une bonne pute qui réclame ses petits cadeaux mais le client en a toujours pour son argent. Si la vie est une bonne pute, l’homme n’est souvent qu’une piètre occasionnelle qui n’a aucune idée de la valeur d’une passe.
Dévalorisant une rencontre, surinvestissant un engagement, combien font payer le prix fort à des effleurements aux goûts d’inachevé, combien bradent les joies d’être simplement bien au nom de principes. J’en ai connu des ces hommes tapineurs, tous m’ont émue, aucun ne m’a atteinte. Femme de tête il en faut bien plus pour me faire passer à la caisse.
Pas un kopek pour les occasionnels. Seuls les hommes de joie ont du crédit à mes yeux. Les demi mondains de l’aventure amoureuse, les cocottes du sexe, de ceux qui font valdinguer leurs réticences en même temps que leur caleçon, boxer ou slip, je ne suis pas regardante sur le contenant, bien plus sur le contenu. Leur superbe n’a d’égal que leur abandon viril, mes congénères femmes de con comprendront.
Bien peu de tapineurs ont à cœur de satisfaire les femmes tant il est impossible de se consacrer à l’autre le nez fixé sur son nombril. A la différence des occasionnels, les demi mondains mettent du cœur à l’ouvrage. Fatalement, seuls les plus doués arrivent à faire connaître la plénitude à leur femme de cœur du moment.
Un soir, dans un de ces bordels salvateurs, j’ai rencontré un tout jeune tapineur pas abimé qui à la question c’est combien à répondu « je ne sais pas trop ». Je n’ai pas donné grand-chose, il a donné le meilleur. Depuis, il est devenu la plus douée des cocottes à la plus grande joie de ma tête, de mon con et de mon cœur. Depuis, tout ce que je peux gagner passe dans nos passes.