novembre 25th, 2009

Sept nuits à chercher la peine, à attendre les larmes. Ça ne vient pas. Mon corps est sec, la douleur se nourrit de fluide. Je suis aride de partout même après l’eau de Cologne ingurgitée pour faire passer les relents de mon ventre arrondi par trop de frites molles et grasses. Tu as emporté la magie des larmes avec toi. Pleurer ton absence, C’est ce que je voudrais mais je ne suis qu’une piètre veuve.

Je vais prendre le train vers les plages laides, peut-être que là-bas je trouverais les larmes des vieux jours. Surement, que tu n’y comprends rien, les cadavres ne voient pas ces choses-là. Je piquerai des sprints sur les plages laides, les yeux grands ouverts face au vent pour recueillir du sable dans mes yeux, alors peut-être que là-bas j’arriverais à pleurer l’odeur de tes baisers avinés.

Mon cœur est un foie de veau, il a tout pris du veau, c’est pour cela que je ne peux pas pleurer comme un veau. J’attends les larmes, le deuil est un marathon et je ne suis qu’une sprinteuse, à peine un reniflement. J’enfonce un doigt dans ma narine à l’arrière du taxi déglingué qui me mène à la gare. Constat amère : sèche. Peut-être que si une rock star me masturbait la narine arriverais-je à produire une coulée de morve ?

Je fornose mon stirule de train au contrôleur qui le ganule d’un coup sec « cloc ». J’aurais aimé pouvoir mourir d’un coup de ganulier dans le crâne « cloc » et frotter ma vie à ton cadavre. Te rejoindre dans l’au-delà comme une super héroïne mais je n’ai pas de larmes, je ne suis même pas une petite amoureuse, à peine un souvenir. Dans le train, je manipule un couteau en plastique face auquel la peau de mes poignets présente une étonnante résistance. Tout au plus, j’arrive à produire de minuscules gouttes de sang qui perlent mais de larmes sur les joues pas de traces. Mes poignets ne pleurent pas, en revanche, dans les toilettes, je constate que ma culotte hello kitty est souillée de leucorrhées, des albicans m’habitent encore mais cela ne me console pas.

Cette plage est vraiment laide, ce vent est vraiment fort, courir je n’ai vraiment pas envie, de frites écossaises je vais me gaver et vomir du vin je vais essayer car vraiment tout cela est trop laid. Je n’ai vraiment pas le deuil classe, je n’ai même pas lâché une larme, non vraiment Spermy de Spermito ne méritait pas cela.

novembre 13th, 2009

La valse des cons qui tournent en rond, la valse des cons qui vont gagner des ronds.

Tu te lèves au petit matin, le café avalé, douché de frais, rasé de près, bien désodorisé, tu t’enfonces dans une bouche mais pas celle que tu voudrais.

Les stations défilent, les correspondances, les escaliers, tu te fais bouler pour arriver enfin dans un super quartier, buildings de verre à l’hégémonie glacée.

Tu souris, t’es gentil, tu dis « comment ça va ? », tu lis tes mails, règles les problèmes, remplis ton agenda, dans une grande boîte tu travailles, dans une petite tu finiras.

Que se soit la vente, la banque, la communication, la distribution, la production et même la création, c’est toujours la même chanson, t’empiles des jours au goût de coton.

Une journée se termine, tu rentres dans ton quartier, t’as tes habitudes, ton café préféré, les amis de connerie se tiennent compagnie parfois jusque dans leur lit.

La valse des cons qui tournent en rond, la valse des cons qui ne valent pas un rond.