décembre 29th, 2009
Ma petite Snegourochka,
Je n’atterrirai à Paris que 6 au matin, nous avons eu une terrible dispute, le point de non-retour est atteint. Je me refuse à aller passer les fêtes du Noël païen dans la famille de Véronique, assez de mascarades, j’en ai ma claque de donner le change auprès des culs de macaques.
Avec de la chance, elle ne remettra plus les pieds ici mais j’en doute, la soupe est bonne. Peux-tu me réserver une chambre dans un hôtel de ton quartier. J’avais bien aimé celui qui a une cheminée dans le bar dont je ne me souviens plus du nom si ce n’est les consonances italiennes. Mais toi tu sais, tu sais toujours de quoi je parle. Je ne veux pas que tu quittes Paris et je me moque qu’il y ait plein de forêts et d’arbres dans le pays de tes rêves. Tu me casses les couilles avec ton Ded Moroz.
Bien à toi,
Igor.
Il ne faut pas trop s’inquiéter pour Igor, il déteste Noël depuis l’enfance, enfin depuis l’orphelinat pour être précise. Alors fêter deux fois Noël c’est forcément une de trop.
Il ne faut pas trop s’inquiéter pour Igor et Véronique, ils se disputent depuis l’avortement, thérapeutique l’avortement pour être précise. Alors les fêtes de famille, c’est forcément lourd.
Toujours est-il que je m’efforcerai de leur concocter un Noël et Nouvel an pas trés orthodoxes. Peut-être irons-nous à la Cathédrale Saint Alexandre-Nevsky puis, comme dans la chanson Nathalie, boire du chocolat, mais chez Angélina. Quoiqu’il en soit, nous finirons noirs, comme notre bile, ça c’est certain.
décembre 15th, 2009
Quand tu venais me voir, quand je venais chez toi, c’était un il était une fois.
Je demandais une perle de toi aux lobes de mes oreilles. La plus douce des nacres à mon goût, celle qui réclame la dévotion des bouches, la prière des langues et l’offrande des gorges. En génuflexion je prie celui que tu n’es pas, j’adore une idole qui est dents et mâchoire. Mords-moi.
A nouveau une marque à l’oreille, pourquoi changer les pareils quand ils font merveille. Je me fous des calendriers, pourquoi vouloir se diriger quand on ne veut rien demander. Rien demander mais vouloir tout et pour cela être prête à dire oui à un fou. Pendant la trêve des confiseurs, peut-être que mon cœur battra avec cette étonnante ardeur.
Quand tu viendras me voir, quand je viendrai chez toi, ce sera une nouvelle fois.
décembre 7th, 2009
Amoureuse, il m’arrive de lui dire je t’aime, mais jamais en rimes.
Tu m’as fait danser hier
Sur une chanson de Mark Everett
Tes soucis font place au sourire
La douceur s’invite dans l’air
Je baptise un amour
D’un clignement de l’œil
Tu ne vois que l’étreinte
De notre vie discrète, secrète
Nos pas glissent, nos corps filent sur la piste
Les étoiles s’éteignent pour le feu d’artifice
Moi je laisse les projets, « je ne sais pas »
Pour un tour de danse dans les draps
Oh comme je t’aime quand tu te défiles
C’est notre vie discrète, secrète
J’oublie les recettes toutes faites
Des vies rangées avec étiquettes
De ce renoncement il ne reste
Que les souffles aux coeurs
Je baptise un amour
D’un clignement de l’œil
Tu ne vois que l’étreinte
De notre vie discrète, secrète