Si vous me connaissiez, vous sauriez que je fais des blagues que personne ne comprend. La plupart du temps, il s’agit de “vannes” totalement absurdes n’ayant qu’un faible lien avec le propos. Mon objectif étant de faire diversion tout en montrant, au choix, que tout ce qui vient d’être dit n’a pas grande importance ou que je suis gênée (liste non exhaustive des motivations). L’idée est de stopper l’échange. Ayant reçu une éducation Vieille France, je ne sais pas dire “mais ta gueule, tu soules maintenant” aux gens que je ne connais pas intimement. Pour m’extirper de ces guêpiers j’ai développé l’usage de la blague pas drôle qui est bien utile pour qui se moque de passer pour un con ou un fou.
Hier, un épisode surprenant est survenu. Quelqu’un a utilisé le procédé de la vanne pas drôle à mon égard. Pour être précise, je crois que cela c’est produit car j’ai encore des doutes sur les motivations de mon interlocuteur tant la technique de la vanne pas drôle m’a demandée des années d’élaboration. Ce “non, ce n’est pas une blague” a sonné dans ma tête comme un coup de semonce auquel il m’a fallu répliquer sans attendre. Je vous laisse juge :
- LUI : Mon patron m’a invité à déjeuner pour parler de mon évolution au sein du cabinet.
- MOI : Cool, et alors ?
- LUI : Beh rien, il a parlé de la crise et des conséquences sur le chiffre d’affaire.
- MOI : Donc pour ton association, tu peux t’asseoir dessus.
- LUI : Peut-être pas, disons que c’est remis à 2011. J’ai été malade tout l’après-midi.
- MOI : Je comprends, ce n’était pas la peine de t’inviter à déjeuner pour dire ça.
- LUI : Non, j’ai été vraiment malade tout l’après-midi. Il a voulu m’empoisonner plutôt que de me licencier.
- MOI : C’est une blague?
- LUI : Non, ce n’est pas une blague, c’est la vérité.
- MOI : Avec toi on sait jamais, t’es tellement con.
- LUI : Ah ah ah.
Puis, on a changé de sujet de conversation.
Je crois que j’ai rencontré un Maître dans l’élaboration de la vanne pas drôle. Quelqu’un qui, par une pichenette de son absurde désinvolture, envoie valdinguer le cynisme facile dans lequel se roule la plupart de nos contemporains. Face à cela, il ne me restait aucune alternative, il me fallait savoir si j’avais face à moi un être d’exception ou un connard absolu. J’ai sorti l’artillerie lourde de l’autodérision, à raison, je n’ai pas été déçue.
This entry was posted on Mercredi, janvier 20th, 2010 at 14:12 and is filed under égo-show. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.