avril 8th, 2010

Pour surmonter un dégoût passager je peux me raconter une histoire, de préférence déjà entendue, familière. De ces histoires-là on fait souvent des livres, parfois même des adaptations en cinémascope. Il n’y a pas de mal à s’identifier à la « girl next door », la MILF, la cougar si cela apporte un peu de réconfort, de divertissement. Etre le cliché de soi-même n’est-il pas devenu une nouvelle façon d’exister ?

Mais, il convient de prendre garde à la ligne rouge au-delà de laquelle il est facile de penser que les chansons d’amour racontent un peu mon histoire. Pour rire, les paroles des chansons populaires feraient bien des préceptes. Là, ça irait vraiment mal car ces paroles trouvées au hasard des rimes deviendraient l’incipit d’une nouvelle tranche de vie, d’un nouveau coup de cœur. Il parait qu’il est dangereux de se regarder vivre car alors on invente sa vie. « Se mettre à distance pour ne pas éprouver, par peur de s’éprouver ; préférer les mots aux maux » : ça ne fait que de jolies phrases de mettre sa vie en musique ?

Dans ces cas-là, il vaut mieux aller dans l’endroit où je me sens mieux, pas forcément bien mais pour le moins mieux. Cinq années de divan aident à prendre du recul sur ses dégoûts passagers. Aimer le jeu oui ; être un jouet non. Qui veut faire une partie de dames ?