Pour la première fois je rentre dans son appartement. Une odeur me prend le nez, remonte au fond de ma gorge et me lève un peu le cœur. Je défie quiconque d’en déterminer la composition exacte bien que l’odeur de pisse domine dans cette pièce qui tient lieu de séjour, pièce à dépérir plutôt qu’à vivre. Son bras au creux de mes reins me guide vers un perchoir. Nos pas croisent une sorte de boîte, pour empester la pisse de chat à ce point, il faut soit des chats, soit une litière millésimée 2008.

Il propose un café, soit disant un bon, je préfère décliner. « Plutôt un coca « , faîtes qu’il soit en canette que je ne sois pas obligée de boire dans un de ces verres qui traînent sur le rebord de l’évier ». Il ouvre le frigo « je ne sais pas si j’ai du coca » … Oh fumet suspend ton vol … Quelle petite veinarde je fais, je dois être en présence du frigo de ce qu’on appelle l’amateur de fromage. De l’époisse, du camembert en passant par le bleu d’auvergne c’est toute la France qui doit fermenter dans ce frigidaire-là. Je me dresse par curiosité, déception, à vue de nez un pauvre Saint félicien ou marcellin finit d’agoniser sur l’étage du milieu. Une chose est sûre, c’est de la vache. « Ah non, j’ai pas de coca, j’ai que du fromage ». Ah bon ? … . « Depuis que j’ai ouvert le restaurant je ne fais plus de courses, je mange sur la bête. »

This entry was posted on Vendredi, juin 4th, 2010 at 9:14 and is filed under Le nombril du web. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

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