Alors que la France de la crise dure et durable (pour reprendre l’expression con-sacrée) profite des ponts du joyeux mois de mai (pour reprendre une autre expression sacrément conne), les unes de la presse locale redoublent d’imagination pour occuper le lecteur pendant 4 jours de glande.
Peine perdue, car je vous le demande qui se préoccupe de savoir qui va gagner la palme d’or à Cannes ou va remporter le tournoi de Rolland Garros ? Personne ! On s’en fout, de toute façon nul ne peut citer le meilleur film, le prix du jury ou la palme d’or de l’année dernière ? Et oui, si vite regarder et si vite oublier qu’on en dirait une pute de l’est. Une seule question hante les français : Est-ce qu’on va encore se taper un été de merde ?
Il a grandement raison de se poser cette question le français car depuis la canicule 2003, il faut bien avouer qu’on additionne et multiplie les étés de merde. Il parait que ça vient des années à 13 lunes, pas une malédiction, mais presque.
T’as toujours un con pour te donner une explication rationnelle aux malédictions, Et ce con, j’ai diné avec, j’en ai de la chance hein ? Mais je cumule en ce moment niveau explication climatique : un matin dans le métro, une jeune femme pourtant bien mise expliquait le retour du froid par « les seins de glace ». Elle parlait suffisamment fort la bougresse pour que tout le monde l’entende asséner ses vérités rurales. Et bien force était de constater que toute la rame la regardait comme une apparition miraculeuse. Le français est médusé par les vérités du crâne ancestral, alors autant dire que Cannes, les starlettes, Rolland Garros et les raquettes, il s’en fout.
Alors s’il faut payer un tribut pour avoir la certitude de siroter son rosé sous un pin parasol par 33 degrés, s’il faut ouvrir la cage aux vieux oiseaux pour s’assurer trois semaines de camping sans rigole, s’il faut renoncer à la pension de Mamie-Mouise pour profiter de l’ensoleillement baulois du castel Marie-Louise, et bien soit sacrifions. Sacrifions pour rompre l’infernale malédiction des 13 lunes. Avant de dire au « revoir » à Grand-maman, investiguons quand même sur ces 13 lunes car dans l’enthousiasme l’irréparable pourrait être si vite commis.
Vous comme moi sommes de la campagne, inutile de nier, nous sommes tous des campagnards et grand bien nous fasse, avouez qu’il n’y a pas plus désolant que les gens de la ville. Donc, en personnes de qualité attachées aux choses de la terre, nous avons tous rencontré de loin ou de près une personne d’expérience, soit de plus de 40 ans ( … quoi salope ? …), qui nous a fermement affirmé que les 13 lunes étaient responsables des étés pourris de 2007, 2008. Je vous le donne dans le mille 2009 est une année à 13 lunes, donc l’été sera pourri.
Les journalistes d’investigation se sont emparés de ce sujet de société. A cet égard, Jean-Pierre Pernaud a déclaré « cette année compte treize lunes pleines et seules les mois en P seront beaux ». Ici précisé que je recherche encore les mois en « P », j’attaque les traductions en langues mortes sans grandes conviction.
Plus pragmatique un paysan du Gers prétend que « d’ici à ce qu’il fasse beau le persil poussera au cul de ma vache ». Personnellement je n’attends plus, les émissions de méthanes ayant définitivement endommagé mes capacités olfactives.
Un chercheur de Météo France Albi fait part de ses méticuleux travaux : « Laisser travailler les chercheurs et nous arriverons bien à expliquer ce phénomène. Les croyances populaires sont les croyances populaires, dans mon laboratoire je fais marcher des modèles pour savoir si ça tourne en rond. Par exemple pour les seins glaces il fait toujours un peu plus froid et Noël au balcon Pâques aux tisons ». Comme disaient Les Nuls, « la science, c’est avant tout des hommes et des femmes qui cherchent, alors aidez-les, envoyez des sous … »
J’ai une autre théorie s’agissant de la malédiction qui s’abat sur notre belle France depuis 2007, plus précisément depuis le printemps 2007 et pour être tout à fait exacte depuis mai 2007, le 6 en effet. Donc cette année, c’est certain, il fera un temps de merde et ce jusqu’en 2012 sauf si on brise la malédiction des 13 lunes, ensemble agissons !
Campagnard, campagnarde, jeune, jeune, parisien, parisienne, provinciales, provinciales, cet été fait un acte citoyen et abandonne un nain sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute des vacances, celle où la durée de survie ne dépasse pas 20 minutes.