janvier 20th, 2010

Si vous me connaissiez, vous sauriez que je fais des blagues que personne ne comprend. La plupart du temps, il s’agit de “vannes” totalement absurdes n’ayant qu’un faible lien avec le propos. Mon objectif étant de faire diversion tout en montrant, au choix, que tout ce qui vient d’être dit n’a pas grande importance ou que je suis gênée (liste non exhaustive des motivations). L’idée est de stopper l’échange. Ayant reçu une éducation Vieille France, je ne sais pas dire “mais ta gueule, tu soules maintenant” aux gens que je ne connais pas intimement. Pour m’extirper de ces guêpiers j’ai développé l’usage de la blague pas drôle qui est bien utile pour qui se moque de passer pour un con ou un fou.
Hier, un épisode surprenant est survenu. Quelqu’un a utilisé le procédé de la vanne pas drôle à mon égard. Pour être précise, je crois que cela c’est produit car j’ai encore des doutes sur les motivations de mon interlocuteur tant la technique de la vanne pas drôle m’a demandée des années d’élaboration. Ce “non, ce n’est pas une blague” a sonné dans ma tête comme un coup de semonce auquel il m’a fallu répliquer sans attendre. Je vous laisse juge :
- LUI : Mon patron m’a invité à déjeuner pour parler de mon évolution au sein du cabinet.
- MOI : Cool, et alors ?
- LUI : Beh rien, il a parlé de la crise et des conséquences sur le chiffre d’affaire.
- MOI : Donc pour ton association, tu peux t’asseoir dessus.
- LUI : Peut-être pas, disons que c’est remis à 2011. J’ai été malade tout l’après-midi.
- MOI : Je comprends, ce n’était pas la peine de t’inviter à déjeuner pour dire ça.
- LUI : Non, j’ai été vraiment malade tout l’après-midi. Il a voulu m’empoisonner plutôt que de me licencier.
- MOI : C’est une blague?
- LUI : Non, ce n’est pas une blague, c’est la vérité.
- MOI : Avec toi on sait jamais, t’es tellement con.
- LUI : Ah ah ah.
Puis, on a changé de sujet de conversation.
Je crois que j’ai rencontré un Maître dans l’élaboration de la vanne pas drôle. Quelqu’un qui, par une pichenette de son absurde désinvolture, envoie valdinguer le cynisme facile dans lequel se roule la plupart de nos contemporains. Face à cela, il ne me restait aucune alternative, il me fallait savoir si j’avais face à moi un être d’exception ou un connard absolu. J’ai sorti l’artillerie lourde de l’autodérision, à raison, je n’ai pas été déçue.

décembre 29th, 2009

Ma petite Snegourochka,

Je n’atterrirai à Paris que 6 au matin, nous avons eu une terrible dispute, le point de non-retour est atteint. Je me refuse à aller passer les fêtes du Noël païen dans la famille de Véronique, assez de mascarades, j’en ai ma claque de donner le change auprès des culs de macaques.

Avec de la chance, elle ne remettra plus les pieds ici mais j’en doute, la soupe est bonne. Peux-tu me réserver une chambre dans un hôtel de ton quartier. J’avais bien aimé celui qui a une cheminée dans le bar dont je ne me souviens plus du nom si ce n’est les consonances italiennes. Mais toi tu sais, tu sais toujours de quoi je parle. Je ne veux pas que tu quittes Paris et je me moque qu’il y ait plein de forêts et d’arbres dans le pays de tes rêves. Tu me casses les couilles avec ton Ded Moroz.

Bien à toi,
Igor.

Il ne faut pas trop s’inquiéter pour Igor, il déteste Noël depuis l’enfance, enfin depuis l’orphelinat pour être précise. Alors fêter deux fois Noël c’est forcément une de trop.

Il ne faut pas trop s’inquiéter pour Igor et Véronique, ils se disputent depuis l’avortement, thérapeutique l’avortement pour être précise. Alors les fêtes de famille, c’est forcément lourd.

Toujours est-il que je m’efforcerai de leur concocter un Noël et Nouvel an pas trés orthodoxes. Peut-être irons-nous à la Cathédrale Saint Alexandre-Nevsky puis, comme dans la chanson Nathalie, boire du chocolat, mais chez Angélina. Quoiqu’il en soit, nous finirons noirs, comme notre bile, ça c’est certain.

décembre 15th, 2009

Quand tu venais me voir, quand je venais chez toi, c’était un il était une fois.

Je demandais une perle de toi aux lobes de mes oreilles. La plus douce des nacres à mon goût, celle qui réclame la dévotion des bouches, la prière des langues et l’offrande des gorges. En génuflexion je prie celui que tu n’es pas, j’adore une idole qui est dents et mâchoire. Mords-moi.

A nouveau une marque à l’oreille, pourquoi changer les pareils quand ils font merveille. Je me fous des calendriers, pourquoi vouloir se diriger quand on ne veut rien demander. Rien demander mais vouloir tout et pour cela être prête à dire oui à un fou. Pendant la trêve des confiseurs, peut-être que mon cœur battra avec cette étonnante ardeur.

Quand tu viendras me voir, quand je viendrai chez toi, ce sera une nouvelle fois.

Posted in Outre-moi | 1 Comment »
décembre 7th, 2009

Amoureuse, il m’arrive de lui dire je t’aime, mais jamais en rimes.

Tu m’as fait danser hier
Sur une chanson de Mark Everett
Tes soucis font place au sourire
La douceur s’invite dans l’air

Je baptise un amour
D’un clignement de l’œil
Tu ne vois que l’étreinte
De notre vie discrète, secrète

Nos pas glissent, nos corps filent sur la piste
Les étoiles s’éteignent pour le feu d’artifice
Moi je laisse les projets, “je ne sais pas”
Pour un tour de danse dans les draps
Oh comme je t’aime quand tu te défiles
C’est notre vie discrète, secrète

J’oublie les recettes toutes faites
Des vies rangées avec étiquettes
De ce renoncement il ne reste
Que les souffles aux coeurs

Je baptise un amour
D’un clignement de l’œil
Tu ne vois que l’étreinte
De notre vie discrète, secrète

novembre 25th, 2009

Sept nuits à chercher la peine, à attendre les larmes. Ça ne vient pas. Mon corps est sec, la douleur se nourrit de fluide. Je suis aride de partout même après l’eau de Cologne ingurgitée pour faire passer les relents de mon ventre arrondi par trop de frites molles et grasses. Tu as emporté la magie des larmes avec toi. Pleurer ton absence, C’est ce que je voudrais mais je ne suis qu’une piètre veuve.

Je vais prendre le train vers les plages laides, peut-être que là-bas je trouverais les larmes des vieux jours. Surement, que tu n’y comprends rien, les cadavres ne voient pas ces choses-là. Je piquerai des sprints sur les plages laides, les yeux grands ouverts face au vent pour recueillir du sable dans mes yeux, alors peut-être que là-bas j’arriverais à pleurer l’odeur de tes baisers avinés.

Mon cœur est un foie de veau, il a tout pris du veau, c’est pour cela que je ne peux pas pleurer comme un veau. J’attends les larmes, le deuil est un marathon et je ne suis qu’une sprinteuse, à peine un reniflement. J’enfonce un doigt dans ma narine à l’arrière du taxi déglingué qui me mène à la gare. Constat amère : sèche. Peut-être que si une rock star me masturbait la narine arriverais-je à produire une coulée de morve ?

Je fornose mon stirule de train au contrôleur qui le ganule d’un coup sec « cloc ». J’aurais aimé pouvoir mourir d’un coup de ganulier dans le crâne « cloc » et frotter ma vie à ton cadavre. Te rejoindre dans l’au-delà comme une super héroïne mais je n’ai pas de larmes, je ne suis même pas une petite amoureuse, à peine un souvenir. Dans le train, je manipule un couteau en plastique face auquel la peau de mes poignets présente une étonnante résistance. Tout au plus, j’arrive à produire de minuscules gouttes de sang qui perlent mais de larmes sur les joues pas de traces. Mes poignets ne pleurent pas, en revanche, dans les toilettes, je constate que ma culotte hello kitty est souillée de leucorrhées, des albicans m’habitent encore mais cela ne me console pas.

Cette plage est vraiment laide, ce vent est vraiment fort, courir je n’ai vraiment pas envie, de frites écossaises je vais me gaver et vomir du vin je vais essayer car vraiment tout cela est trop laid. Je n’ai vraiment pas le deuil classe, je n’ai même pas lâché une larme, non vraiment Spermy de Spermito ne méritait pas cela.

Posted in égo-show | 4 Comments »
  • nahimage(at)gmail.com

  • Catégories